Ma frère, c’est en ce moment au Méliès !

Si vous n ‘avez pas peur d’avoir la larme à l’oeil ou d’être bouleversé-e-s par une petite fille chantant Mon enfance de la grande Barbara, allez voir Ma frère, de Lise Atoka et Romane Guéret.

Elles avaient déja réalisé Les Pires qui avait obtenu en 2022 le Prix Un certain regard au festival de Cannes. À nouveau la parole est donnée à des enfants dont on dit maladroitement qu’ils sont « défavorisés ». À nouveau les enfants sont d’une lucidité, d’une inventivité, d’une drôlerie et d’une maturité étonnantes.

Deux amies d’enfance du quartier de la Place des Fêtes (Paris, 19ème arrondissement) partent dans la Drôme comme animatrices d’une colonie de vacances avec des enfants du centre aéré. Départ joyeux, animé dans une langue riche en expressions imagées ; petit à petit  les enfants et les adultes montrent leurs failles. Les histoires sont souvent douloureuses mais même si elles font mal il n’y a pas de misérabilisme ; il est question de connaissance, de reconnaissance, d’amour et d ‘acceptation de la différence, qu’elle soit ethnique, culturelle, religieuse ou sexuelle.

C’est drôle et bien joué. Le casting des enfants a été long  et difficile d’après la directrice de casting, mais elle a débusqué des pépites. Quant aux adultes, Shirel Nataf, Fanta Kebe, Amel Bent et Idir Azougli sont parfaits, d’une si grande humanité et crédibilité qu’on a envie de retomber en enfance et de partir en colo avec eux. Les rôles secondaires sont aussi impactants.

Et que dire de la scène d’adieux, du retour des enfants dans leur familles et dans leur quartier… Si vous avez été en colo en tant qu’enfant ou animateur-trice, vous aurez là encore la larme à l’œil ! Le public – pourtant pas très nombreux dans la salle – ne s’y est pas trompé puisqu’il y a eu des applaudissements nourris et des échanges fournis (type débat Rencart !) à la sortie.

Marie-Christine D

Photos © Studiocanal

Pour en savoir plus : les réalisatrices et deux actrices sont passées chez Laurent Delmas et Christine Masson dans leur émission On aura tout vu, et les réalisatrices sont aussi passées chez Antoine Guillot dans Plan large.

Dossier de presse du film :