
Naza de Yuval Abraham et Rachel Szor (Documentaire, 2026)
En contrepoint de visages masqués dans la cité sombre se jouent les ombres d’un traumatisme inconscient collectif s’affranchissant des barrières de la réalité pour rejouer le noir. Naza ne se contente pas de poser les cartes d’un système, mais ancre l’échec moral d’une société dans une cité-personnage où les discours dominants relayés par les écrans affrontent les cris inaudibles d’êtres humains dont la voix fait écho au silence des habitants de la ville noire. Au-delà d’une méthodologie du massacre, le documentaire observe la soumission de l’homme au système collectif et à ses pulsions destructrices innées, en touchant l’universel là où les visages restent anonymes. Une habileté du hors-champ, de la représentation de l’innommable par le dessin, se trouve finalement transcendée lorsque la représentation réelle de la souffrance humaine intervient, laissant dans un interstice la meilleure arme pour combattre les affres de la cité : l’empathie. Un documentaire élégamment alimenté de beauté dans sa noirceur et son image.
Cem