Lumière d’Islande

When the Light Breaks de Rúnar Rúnarsson, film islandais. 1h22 de subtilité, de complexité, de délicatesse. Andres vous le recommande :

Quoique fusionnel, l’amour d’Una et Diddi souffre d’être vécu en secret. D’où l’importance du voyage que Diddi doit entreprendre pour rompre en personne avec Klara, sa copine. Hélas, un accident l’en empêchera. Affronter cet événement sera difficile pour tout son cercle, notamment pour Gunni, Bassi et Siggi, mais surtout pour Una, qui doit vivre cette commotion tout en dissimulant son chagrin d’amante sous un masque qui s’effrite au fil du film.

Primé dans la catégorie « Un certain regard » au Festival de Cannes, When the Light Breaks de Rúnar Rúnarsson est un film islandais saisissant qui dresse le portrait d’un choc émotionnel vécu par de très jeunes gens, étudiants en art, en particulier Una (Elín Hall). Sobre, bref et dépouillé de toute distraction ou artifice scénaristique, le film se déroule sans détours ; ce n’est pourtant pas motif d’ennui, tant il porte une intensité qui semble relever de l’autobiographie.

En effet : si le scénario est plutôt simple, chaque scène est chargée de tensions. On ne trouve presque aucune composition fade ou séquence superflue : du début à la fin, tout est habité par une crispation latente, portée par les personnages et parfois par les paysages. Pourtant, le film sait aussi cultiver un certain lyrisme et une douceur visuelle, soutenus par une bande musicale remarquable et savamment choisie, avec des résonances liturgiques.

À travers de gros plans sur le visage souvent mutique d’Una, nous suivons l’évolution d’une longue journée aux émotions changeantes. Son imperturbabilité froide et contenue contraste avec l’explosivité de Gunni ou l’expansivité de Klara. Peut-être que l’intérêt du film réside dans la manière dont il orchestre une synthèse progressive entre des personnages d’abord opposés à plusieurs égards. Travaillé en filigrane, le résultat semble sincère, équilibré et presque classique. Que ce soit par sa musique, ses dialogues, son jeu d’acteur ou ses plans, When the Light Breaks est, scène après scène, une leçon de composition.

Andres Camarillo

Dossier de presse.

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