Cannes 2026 # 6

La Gradiva – Marine Atlan

© Les Films du Poisson

Présenté en Semaine de la Critique. La Gradiva ouvre son bal sur un photomontage présentant l’esthétique d’un Le Sud, la poésie d’un Chris Marker et une bande son portée par des instruments à vent offrant une forte mélancolie. Autant dire qu’on est rapidement capturé.

S’ensuit le long périple d’un groupe d’adolescents à Naples et dans les ruines de Pompéi. On est surpris par l’opposition de ce théâtre antique et de l’insolence et du langage de cette fougueuse jeunesse profitant de ce voyage pour explorer désir et sentiments. Puis on réalise que le cadre fait de fresques picturales et sculptures élève ce jeu des émois à une certaine universalité. Une scène en particulier, présentant deux personnages ayant auparavant échangé intimité et se trouvant désormais dans la sphère du non-dit, capture leur silence avec le regard immortalisé des statues qui les observent. Assez sublime, il faut l’admettre. Une « caméra d’or », comme on dit à Cannes.

La majorité des dialogues ou conversations de groupe sonnent d’un grand naturel, voire improvisées. Cela renforce d’autant plus la qualité des moments d’intimité quand les barrières se brisent. Des séquences oniriques et jeux d’éclairage viennent explorer avec inventivité le désir de nos adolescents.

En parallèle se construit une quête filiale menant à la tragédie. On y retrouve des éléments de ce mystérieux et beau prologue. L’histoire s’achève avec sensibilité. Du cinéma d’art, définitivement.

Cem