Cannes 2026 # 7

Jour 7 (et jour final pour Cem !)

Fjörd – Cristian Mungiu

22h : je sors pour mon dernier jour à Cannes du Grand Théâtre Lumière à la suite de l’ovation du Fjörd de Cristian Mungiu. Probablement le film qui m’a laissé le plus perplexe du festival, ce que je vois comme une bonne chose.

Fjörd est avant tout un film de perspectives, et c’est ce qui fait à la fois sa richesse, un challenge intellectuel, et une certaine difficulté dans la position à prendre du spectateur. On traite un sujet très complexe et sensible : la violence parentale comme méthode éducative et ses sources culturelles et religieuses. Comment aborder un tel thème sans être manichéen, s’emmêler les pinceaux, trop en faire ou tomber à plat dramatiquement ? Le risque est bel est bien présent dès le départ : les perpétrateurs supposés sont les protagonistes, interprétés par un Sebastian Stan et une Renate Reinsve au jeu sans fioritures. On plonge rapidement dans l’ambiguïté morale. La question centrale qui s’installe finalement est celle de l’empathie du spectateur pour des parents perdant la garde de leurs enfants mais également accusés de violence domestique. Le film joue pour une bonne partie de sa durée de cette zone grise et dangereuse avant de quitter le terrain de l’essai pour aller sur celui de la politique. On sera convaincu ou pas en achevant le long. J’ai personnellement trouvé qu’à tenter (difficilement) d’obtenir la finesse nécessaire au thème et au récit, l’oeuvre peinait à créer une vraie force dramatique. Ce n’est pas forcément un échec. Le résultat est même probablement plutôt réussi au vu de la difficulté du sujet. 

Une mise en scène sobre et une photographie réaliste capturent élégamment les paysages norvégiens et nos deux acteurs A+. Pas le film le plus frappant du festival, mais à voir.

Et maintenant, retour au Méliès !

Cem