Cannes 2026 # 10

Cannes, jeudi 21 mai : l’été est arrivé à Cannes ce qui n’empêche pas de continuer à fréquenter les salles du festival où il y a moins de monde.

© Atata & Rakan Mayasi

Yesterday the Eye didn’t sleep de Rakan Mayasi, en sélection Un certain regard, se déroule dans la plaine de la Bekaa au Liban dans un milieu bédouin très traditionnel. On suit une famille à la recherche d’une cousine, faussement accusée, qui a disparu puis deux sœurs qui vont être empêchées, par l’honneur et les traditions, de vivre un peu comme elles le souhaiteraient. L’une accepte, l’autre pas. Malgré un rythme beaucoup trop lent, le film a le mérite de montrer la vie quotidienne dans une famille, le sort, encore terrible, fait aux femmes et la manière dont elles tentent de réagir. C’est un des grands intérêts des sections parallèles de Cannes : voir des films qu’on ne verra peut être pas en salles.

©  Jac Martinez/Big Creek/Assemble Media/Merino Films/SBS Productions

The Man I love d’Ira Sachs se déroule dans le milieu artistique underground de New York dans les années 80 et met en scène un couple homosexuel dont l’un des membres, comédien et chanteur, est gravement malade. Sur un thème intéressant, la maladie, le couple, le film reste trop à la surface de la relation aussi bien du couple qu’avec la famille. Dommage malgré la prestation de Rami Malek.

©Lluís Tudela

The end of it de Maria Martinez Bayona qui présente son premier film en lice pour la Caméra d’or. À une époque indéterminée mais pas forcément lointaine, on peut vivre très, très longtemps et garder son apparence de jeunesse moyennant des opérations régulières de régénérations diverses. On vit avec des assistants humanoïdes. Claire Fort, une artiste plasticienne dont les œuvres évoquent à la fois Annette Messager et Niki de Saint Phalle, décide de mourir : scandale !!! Elle met en scène sa mort comme une performance qui n’est pas sans rappeler Damien Hirst. Une réflexion, pas complètement réussie, sur le droit de choisir quand et comment mourir, la recherche de la jeunesse éternelle, la solitude, la perte de la mémoire et l’art contemporain. Prometteur.

Françoise Lamontagne