Jeudi 14 mai : vent d’enfer sur la Croisette, il fait presque froid ☹️ Au programme :

J’ai vu L’abandon de Vincent Garenq, présenté Hors Compétition, un thriller policier et politique implacable sur les derniers jours de Samuel Paty et les évènements et circonstances qui ont conduit à son assassinat. Belle interprétation d’Antoine Reinartz. Les codes du genre sont maîtrisés et travaillés au meilleur effet. C’est mon film préféré du festival pour l’instant.
Cem

La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Taquet. Gabrielle (Léa Drucker) chef de service de chirurgie de reconstruction maxillaire dans un grand hôpital public, mène sa vie tambour battant, sa carrière-passion, sa relation avec Henri (Charles Berling) dont elle a élevé les enfants maintenant jeunes adultes, la prise en charge de sa mère (Marie-Christine Barrault) atteinte d’Alzheimer, la relation avec don neveu, futur médecin, l’aide chirurgicale à l’Ukraine… Et puis elle rencontre Frida (Mélanie Thierry), une écrivaine venue l’observer à l’hôpital afin de préparer un livre dont on ne saura presque rien. La vie de Gabrielle va rester à la fois la même et profondément différente. Structuré en une dizaine de courts chapitres et filmé au plus près de son personnage, Léa Drucker campe à nouveau une femme pleinement investie dans son travail mais fragilisée par cette rencontre inattendue à laquelle elle commence par résister. Un portrait fort qui permet de dire « Gabrielle, c’est un peu moi ».
Sortie prévue le 9 septembre 2026

El deshielo (Le Dégel) de Manuela Martelli (Un certain regard). Un hôtel dans la montagne chilienne en hiver. Un groupe de jeunes skieurs allemands est venu s’entraîner au ski. Parmi eux, une jeune fille, Hannah, qui soudainement disparaît. Inès, une fillette d’une dizaine d’années, petite fille de la propriétaire et qui réside sur place, s’est rapprochée d’Hanna. Elle sait presque tout mais va comprendre que toute vérité n’est pas bonne à dire. Un récit d’apprentissage sur la violence cachée du monde, en particulier celle des hommes, l’hypocrisie bien pensante, le silence complice et les intérêts bien gardés. La petite actrice, en mal d’amour maternel, est remarquable mais le film souffre de longueurs et on aurait aimé un traitement plus profond des relations interpersonnelles. De très belles images et une métaphore sur le Chili à la sortie de la dictature militaire.

Avec Une vie manifeste, Jean-Gabriel Périot réalise une fois de plus un magnifique montage d’archives autour de la vie de Michèle Firk, cinéaste et combattante révolutionnaire, qui s’est suicidée au Guatemala où elle participait à la guérilla armée contre les militaires. Une vie toute entière tournée vers l’engagement avec les porteurs de valises, le soutien à la révolution castriste, Mai 68 puis le Guatemala. Alice Diop et Nadia Tereszkiewicz prêtent leurs voix aux textes de Michèle Firk qui forment le commentaire du film.
Françoise Lamontagne